Factures d’électricité et de gaz comparées avec une calculatrice sur une table de cuisine.
Conso & factures Économies, sobriété, comparatifs

Comment comparer les offres entre elles ?

Une offre affichant un kWh moins cher peut au final coûter davantage si son abonnement est élevé, si vos heures creuses sont mal adaptées ou si le prix évolue vite. Pour comparer utilement l’électricité et le gaz, ramenez chaque proposition à votre consommation réelle, toutes taxes comprises, puis vérifiez les conditions qui ne tiennent pas dans le prix d’appel.

  • 13 min de lecture
  • 8 sections
  • 2 875 mots

À consommation égale, 1 centime d’euro par kWh représente 45  € par an pour 4 500  kWh d’électricité et 110  € pour 11 000  kWh de gaz, avant même de regarder l’abonnement. La bonne comparaison ne consiste donc pas à retenir le pourcentage de réduction affiché : elle consiste à chiffrer votre facture annuelle TTC avec les mêmes paramètres, puis à vérifier ce que le contrat laisse réellement varier.

Partir de votre profil réel plutôt que d’un prix d’appel

Une offre d’énergie n’est comparable qu’à profil identique. Relevez sur vos factures des douze derniers mois la consommation en kWh, l’option tarifaire, la puissance souscrite en kVA et le montant de l’abonnement. Avec un compteur Linky ou Gazpar, l’espace client permet souvent d’obtenir un historique plus précis. Ne partez pas d’une mensualité : elle lisse une estimation et peut être régularisée à la hausse comme à la baisse.

Pour l’électricité, notez séparément les kWh d’heures pleines et d’heures creuses si vous avez cette option. Pour le gaz, distinguez un logement chauffé au gaz d’un usage cuisson et eau chaude : un petit consommateur supporte proportionnellement davantage le prix de l’abonnement. Si vous emménagez, estimez d’abord vos besoins avec la surface, le mode de chauffage et le nombre d’occupants ; les démarches de mise en service ne se confondent pas avec un simple changement de fournisseur. Consultez aussi nos repères pour bien gérer un déménagement avec EDF.

  • Électricité : consommation annuelle en kWh, puissance de 3, 6, 9  kVA ou plus, option Base ou heures pleines/heures creuses, type de chauffage et recharge éventuelle d’un véhicule.
  • Gaz : consommation annuelle en kWh, usage cuisson/eau chaude/chauffage, classe de consommation indiquée par le fournisseur et commune de livraison.
  • Contrat : adresse et numéro de PDL/PRM pour l’électricité ou PCE pour le gaz, présents sur une facture ; ne les communiquez qu’au fournisseur que vous avez choisi.
  • Budget : paiement mensuel lissé ou facture au réel, prélèvement ou autre moyen de paiement, et capacité à absorber une régularisation saisonnière.

Calculer le coût annuel TTC offre par offre

La formule est simple : coût annuel estimé = abonnement TTC annuel + kWh consommés × prix TTC du kWh. En heures pleines/heures creuses, il faut additionner les deux lignes de consommation : kWh HP × prix HP + kWh HC × prix HC. Comparez les prix TTC et la date de validité indiquée dans la grille tarifaire ou le récapitulatif contractuel. Un montant mensuel promotionnel ne suffit pas.

L’abonnement dépend notamment de la puissance électrique et de l’option choisie. Un tarif du kWh très bas peut être compensé par un abonnement supérieur. Inversement, une offre avec un abonnement un peu plus cher peut devenir favorable dans un logement très consommateur. Gardez toujours la même puissance dans votre simulation : passer de 9 à 6  kVA est une décision technique distincte, qui peut provoquer des disjonctions si vos usages simultanés dépassent la puissance disponible.

Exemple de comparaison annuelle à paramètres identiques
Profil et formuleHypothèse de prix TTCCoût annuel calculé TTC
Électricité Base, 4 500  kWh/anAbonnement 175  €/an ; 0,205  €/kWh1 098  €/an
Électricité Base, 4 500  kWh/anAbonnement 160  €/an ; 0,215  €/kWh1 128  €/an
Électricité HP/HC, 2 025 HP + 2 475 HCAbonnement 180  €/an ; 0,245  € HP ; 0,175  € HC/kWh1 109  €/an
Gaz chauffage, 11 000  kWh/anAbonnement 310  €/an ; 0,105  €/kWh1 465  €/an

Exemple de méthode, et non tarifs de marché ni recommandation d’offre. Les prix, taxes, abonnements, zones de gaz et conditions contractuelles varient : remplacez chaque donnée par celles des grilles tarifaires en vigueur.

Distinguer prix fixe, prix indexé et prix librement révisable

Le mot « fixe » ne veut pas dire facture immuable. Dans la plupart des offres à prix fixe, le fournisseur bloque pendant une durée annoncée — souvent 1, 2 ou 3 ans — le prix hors taxes de la fourniture. Les taxes, la TVA et les composantes réglementées d’acheminement peuvent évoluer et être répercutées. Lisez précisément si l’abonnement est lui aussi fixe, quelle partie du prix est garantie et à quelle échéance le fournisseur peut proposer une nouvelle grille.

Une offre indexée en électricité suit une référence désignée au contrat, fréquemment le tarif réglementé de vente, avec une réduction ou un supplément exprimé en pourcentage ou en euros. Vérifiez que la réduction s’applique bien à la composante que vous pensez comparer : une remise sur le seul kWh hors taxes ne correspond pas à la même économie sur la facture TTC. Pour replacer chaque formule dans son contexte, consultez notre guide pour choisir un fournisseur d’électricité en France.

En gaz, le tarif réglementé de vente a disparu pour les particuliers. Le prix repère publié mensuellement par la Commission de régulation de l’énergie sert de point de référence pour juger une offre, mais ce n’est pas un contrat commercial. Une offre peut être indexée sur ce repère, sur un indice de marché ou révisée selon une formule propre : le contrat doit indiquer la référence, la fréquence et les modalités de l’évolution.

Prix fixe ou prix indexé : quel risque acceptez-vous ?

Offre à prix fixe

  • Visibilité sur la part de fourniture pendant la durée prévue.
  • Utile si vous voulez stabiliser votre budget et que le prix de départ reste compétitif.
  • Vous ne bénéficiez pas automatiquement d’une baisse de marché.
  • Taxes et acheminement restent susceptibles d’évoluer.

Offre indexée

  • Suit à la hausse comme à la baisse l’indice prévu au contrat.
  • Réduction lisible si l’indice et le périmètre de la remise sont explicites.
  • Demande un suivi lors des évolutions de référence.
  • Peut être plus pertinente si vous acceptez une facture variable.

Le verdict Ne choisissez pas le fixe par réflexe ni l’indexé pour sa seule remise. Chiffrez le coût actuel, puis choisissez selon votre tolérance aux variations et la clarté de l’indice. Une offre dont le mode de révision est obscur est à écarter.

Vérifier si l’option heures creuses vous fait vraiment gagner

L’option heures pleines/heures creuses comporte huit heures creuses par jour, fixées pour votre point de livraison et non choisies librement. Son abonnement est souvent plus élevé et le kWh d’heures pleines peut coûter davantage qu’en option Base. Elle devient intéressante si vous déplacez une part importante et régulière de vos usages : ballon d’eau chaude piloté, recharge nocturne de véhicule électrique, lave-linge ou lave-vaisselle programmés, chauffage à accumulation lorsqu’il existe.

Ne vous fiez pas à une règle universelle du type « 40  % en heures creuses ». Le seuil dépend de l’écart d’abonnement et des trois prix en présence : Base, heures pleines et heures creuses. Faites les deux calculs avec vos kWh réels. Si vos heures creuses se situent en milieu de journée et que personne n’est présent, ou si vous ne pouvez pas piloter le chauffe-eau, l’option Base peut rester plus avantageuse.

Méthode en cinq étapes pour comparer sans vous tromper
  1. Rassemblez les données de départ

    Prenez une facture annuelle ou douze factures et relevez les kWh, la puissance, l’option, l’abonnement et les références de votre compteur.

  2. Sélectionnez le même périmètre

    Comparez séparément l’électricité et le gaz, ou calculez les deux énergies ligne par ligne pour une offre duale. Conservez la même puissance et le même mode de paiement.

  3. Reportez les grilles tarifaires TTC

    Saisissez l’abonnement annuel et chaque prix du kWh. N’utilisez pas une remise promotionnelle sans connaître sa durée et son périmètre.

  4. Testez deux scénarios de consommation

    Calculez votre année habituelle, puis une année à +10  % ou +15  % de kWh si votre chauffage électrique, votre télétravail ou la météo font varier vos besoins.

  5. Lisez le contrat avant de souscrire

    Contrôlez l’indice de révision, la durée de prix, la facturation, le service client et la date de prise d’effet. Conservez le récapitulatif contractuel.

Comparer la qualité de contrat au-delà de la facture

L’énergie fournie dans votre prise ou votre chaudière est physiquement la même quel que soit le fournisseur. Enedis pour l’électricité et GRDF pour le gaz, ou une entreprise locale de distribution selon votre commune, gèrent le réseau et les dépannages. Le fournisseur facture l’énergie, organise la relation commerciale et sert d’interlocuteur pour le contrat. Un prix plus bas ne réduit donc pas la qualité du courant ni la sécurité du réseau.

Regardez les modalités de facturation : mensualisation avec régularisation, facture mensuelle sur consommation réelle quand le compteur le permet, facture électronique imposée ou non, échéances et frais éventuels en cas d’incident de paiement. Évaluez aussi les canaux de contact : téléphone, espace client, réclamation écrite et délai de réponse annoncé. Les avis en ligne peuvent révéler un problème récurrent, mais ne remplacent pas les documents contractuels.

Une offre duale électricité + gaz peut simplifier la gestion avec un seul espace client, mais elle n’est pas automatiquement la moins chère. Comparez-la à deux contrats séparés. Les mécanismes expliquant pourquoi certains fournisseurs sont moins chers tiennent souvent à leur structure commerciale, à une remise temporaire ou à une marge réduite ; ils ne dispensent pas de lire le détail du prix.

Évaluer correctement une offre d’électricité verte

Une offre d’électricité dite verte repose au minimum sur des garanties d’origine : pour les kWh vendus comme renouvelables, le fournisseur annule des certificats attestant qu’une quantité équivalente d’électricité renouvelable a été injectée sur le réseau européen. Cela ne signifie pas que les électrons arrivant chez vous sont séparés des autres productions. Le réseau reste commun à tous les clients.

Comparez donc le surcoût annuel, l’origine des garanties et le degré d’engagement du fournisseur auprès des producteurs. Certaines offres vont au-delà de l’achat standard de certificats en mettant davantage en avant un approvisionnement direct ou un soutien à des installations françaises. Le bon arbitrage dépend de votre budget et de ce que vous souhaitez financer ; notre dossier explique le principe de l’électricité verte. Refusez en revanche de payer un supplément dont le mécanisme environnemental n’est pas clairement décrit.

Sécuriser la souscription et éviter le démarchage trompeur

Ne souscrivez jamais sous la pression d’un appel ou d’une visite. Un interlocuteur légitime peut vous présenter une offre, mais il ne doit pas vous faire croire qu’il représente Enedis, GRDF, votre mairie ou un service public s’il agit pour un fournisseur. Ne transmettez pas votre PDL/PRM, votre PCE ou vos coordonnées bancaires avant d’avoir identifié l’entreprise, lu l’offre et décidé vous-même. Les pratiques à surveiller sont détaillées dans notre article sur le démarchage des fournisseurs d’énergie.

Avant validation, demandez ou téléchargez le récapitulatif contractuel : prix de l’abonnement et du kWh TTC, durée et mécanisme d’évolution des prix, date d’effet, modalités de résiliation, facturation et médiation. Pour une souscription à distance, vous bénéficiez en règle générale d’un délai de rétractation de 14 jours ; les modalités exactes et un éventuel démarrage anticipé du contrat doivent être indiqués. En cas de doute, ne donnez pas votre accord oral.

Pour un particulier, changer de fournisseur est gratuit et l’ancien contrat est résilié par le nouveau fournisseur, sans coupure. Il n’y a aucune raison de rester par crainte de frais de sortie. Si votre facture est surtout élevée parce que vous consommez beaucoup, le changement de contrat ne remplace pas les actions sur les usages : commencez aussi par réduire votre consommation d’électricité ou par isoler les postes de gaz les plus lourds.

Ce qu’il faut retenir pour décider

Choisissez l’offre qui donne le coût annuel TTC le plus cohérent avec votre profil, pas celle qui affiche le plus gros pourcentage de remise. Faites un tableau sur douze mois, conservez puissance et option identiques, et intégrez l’abonnement. À faible consommation, privilégiez un abonnement contenu ; à forte consommation, quelques millièmes d’euro sur le kWh pèsent vite davantage.

Préférez une offre fixe si vous recherchez de la visibilité et acceptez de ne pas suivre immédiatement une baisse éventuelle, à condition de savoir ce qui est réellement fixe. Préférez une offre indexée seulement si sa référence et sa formule sont limpides. Gardez les heures creuses si vos appareils les utilisent effectivement ; sinon, recalculez l’option Base. Enfin, un contrat vert vaut le coup si son surcoût et son mécanisme correspondent à votre objectif environnemental, pas parce que son intitulé est rassurant.

Vous pouvez changer lorsque le gain annuel est tangible, que les conditions sont lisibles et que le service proposé vous convient. Si l’écart n’est que de quelques euros, ne sacrifiez pas une facturation claire ou un contact client accessible. Pour finaliser sans erreur, suivez les étapes de changement de fournisseur d’électricité et conservez votre dernière facture jusqu’à réception de la facture de clôture.

Questions fréquentes Ce que les lecteurs demandent le plus

Comment savoir quelle offre d’électricité est vraiment la moins chère ?

Calculez le total annuel TTC avec votre consommation réelle : abonnement annuel plus nombre de kWh multiplié par le prix du kWh. Comparez des offres ayant la même puissance souscrite et la même option, Base ou heures pleines/heures creuses. Regardez aussi la durée de la remise et le mécanisme de révision. Une offre moins chère aujourd’hui peut ne plus l’être après la fin d’une promotion ou lors d’une évolution tarifaire prévue au contrat.

Est-ce que le prix fixe protège de toutes les hausses ?

Non. Une offre à prix fixe bloque généralement le prix hors taxes de la fourniture d’énergie pour une période définie. Les taxes, la TVA et les tarifs d’acheminement fixés réglementairement peuvent évoluer pendant cette période. Lisez la clause de prix : elle doit préciser les éléments garantis, la durée, le traitement des évolutions de taxes et les conditions appliquées à la fin de la période fixe.

Faut-il comparer l’abonnement ou seulement le prix du kWh ?

Il faut comparer les deux. L’abonnement est une somme fixe, souvent facturée chaque mois, tandis que le prix du kWh dépend de votre consommation. Dans un petit logement peu consommateur, un abonnement inférieur peut compenser un kWh légèrement plus cher. Dans une maison chauffée à l’électricité ou au gaz, le prix du kWh devient prépondérant. Le seul indicateur fiable est le total annuel TTC calculé sur vos kWh.

Est-ce que les heures creuses sont toujours rentables ?

Non. Elles sont rentables si vous consommez réellement assez pendant les huit heures creuses quotidiennes pour compenser un abonnement souvent plus élevé et un prix d’heures pleines qui peut être supérieur au tarif Base. Un ballon d’eau chaude programmé ou la recharge nocturne d’une voiture aident beaucoup. Sans appareils pilotables, ou avec des heures creuses pendant vos absences, l’option Base peut coûter moins cher.

Peut-on changer de fournisseur d’énergie sans coupure ?

Oui, pour un logement déjà alimenté, le changement de fournisseur d’électricité ou de gaz est normalement gratuit et sans coupure. Vous gardez le même compteur et le même gestionnaire de réseau : Enedis pour l’électricité ou GRDF pour le gaz dans la plupart des communes. Le nouveau fournisseur organise la bascule et l’ancien contrat est clos. Une mise en service lors d’un déménagement est une opération différente, qui peut entraîner des frais réseau.

Une offre verte alimente-t-elle directement mon logement en énergie renouvelable ?

Non, tous les logements raccordés au réseau reçoivent physiquement le même mix électrique à l’instant où ils consomment. Une offre verte repose au minimum sur des garanties d’origine, annulées à hauteur des kWh vendus comme renouvelables. Elles attestent qu’une production renouvelable équivalente a été injectée dans le réseau. Comparez l’origine des certificats, le surcoût annuel et les engagements du fournisseur envers les producteurs avant de choisir.

Quel repère utiliser pour comparer les offres de gaz depuis la fin du tarif réglementé ?

Le prix repère du gaz publié par la Commission de régulation de l’énergie constitue un bon point de comparaison. Il ne s’agit pas d’un tarif auquel vous pouvez souscrire, mais d’une référence mensuelle qui distingue notamment abonnement et prix du kWh. Vérifiez aussi la zone tarifaire, la classe de consommation et l’indice de l’offre. Deux offres affichant le même prix du kWh peuvent avoir un abonnement ou une formule d’évolution différents.

Sujets

Comment cet article a été écrit

Ce guide a été rédigé par la rédaction d'Énergie Locale, relu pour sa cohérence technique et structuré pour répondre à une intention précise : Comparer des offres d’électricité et de gaz pour choisir ou changer de fournisseur en France

Les montants d'aides, tarifs et barèmes cités sont des ordres de grandeur donnés à titre indicatif : ils évoluent régulièrement. Pour un projet engageant, faites établir plusieurs devis et vérifiez les conditions en vigueur auprès d'un professionnel qualifié ou d'un conseiller France Rénov'. Notre méthode éditoriale.

Poursuivre la lecture 6 articles

Toute la rubrique Conseils

Électricité 13 min

Quel est le prix du kWh chez Engie ?

Prix du kWh Engie : repères TTC, poids de l’abonnement, heures creuses et méthode pour comparer votre facture annuelle sans piège.