
Taux de démarchage qui grimpe pour les fournisseurs d’énergies
Le démarchage des fournisseurs d’énergie s’est fortement installé dans le quotidien des ménages : en 2015, 40 % d’entre eux déclaraient avoir été sollicités. Téléphone, porte-à-porte ou courrier : une offre peut être intéressante, mais jamais sous pression. Voici les règles, les pièges et la méthode pour choisir sans changer par erreur.
Un appel de quelques minutes peut désormais suffire à déclencher une procédure de changement de fournisseur. Pourtant, le gain réel se chiffre souvent en dizaines d’euros par an, pas en centaines, pour un foyer peu consommateur. Le repère historique est net : en 2015, 40 % des ménages déclaraient avoir fait l’objet d’au moins un démarchage lié à l’électricité ou au gaz. Cette pression commerciale impose une règle simple : ne jamais souscrire pendant le premier contact.
Le signal de 2015 : 40 % des foyers sollicités pour l’énergie
Le baromètre énergie-info publié en 2015 par le Médiateur national de l’énergie signalait une hausse des sollicitations commerciales. Quatre foyers sur dix indiquaient avoir été démarchés pour une offre d’électricité ou de gaz. Le téléphone arrivait en tête, cité par 60 % des personnes sollicitées, devant le courrier postal (28 %) et le porte-à-porte (25 %). Ces proportions ne s’additionnent pas : un même ménage peut avoir reçu plusieurs types de sollicitations.
Ce chiffre décrit un moment précis de l’ouverture à la concurrence, pas le niveau actuel de démarchage. Il reste utile pour comprendre la stratégie des fournisseurs alternatifs : lorsqu’un marché comporte des offres nombreuses mais peu lisibles, le contact direct sert à faire connaître une marque, à mettre en avant une remise temporaire et à faciliter la souscription. Le démarchage ne prouve donc ni qu’une offre est mauvaise, ni qu’elle est la moins chère.
40 % des foyers
avaient été sollicités pour une offre d’électricité ou de gaz
Indicateur historique, publié en 2015
60 %
des sollicitations mentionnées étaient téléphoniques
Plusieurs canaux pouvaient être cités
28 %
des sollicitations mentionnées passaient par courrier
Donnée historique
25 %
des sollicitations mentionnées relevaient du porte-à-porte
Donnée historique
Ce que vous changez réellement en signant une nouvelle offre
Un fournisseur vend l’énergie et facture le contrat. Il ne possède ni les câbles, ni les canalisations, ni votre compteur. Pour l’électricité, le réseau reste exploité localement par Enedis dans la plus grande partie du pays, ou par une entreprise locale de distribution dans certains territoires. Pour le gaz, l’acheminement relève généralement de GRDF ou d’un gestionnaire local. Un changement de fournisseur ne déclenche donc pas une intervention technique et ne coupe pas votre logement.
Le fournisseur, le gestionnaire de réseau et le tarif : trois rôles distincts
Le contrat détermine le prix du kWh, l’abonnement, la facturation, le service client et l’origine commerciale de l’électricité. Le gestionnaire de réseau relève les consommations, intervient en cas de panne et assure le raccordement. Pour l’électricité, le tarif réglementé de vente reste une référence accessible à de nombreux particuliers ; pour le gaz, les tarifs réglementés ont pris fin en 2023 et le prix repère publié par les pouvoirs publics sert surtout de point de comparaison. Pour éviter les faux raccourcis, commencez par comparer les offres entre elles sur une même base de consommation annuelle.
| Type d’offre | Évolution du prix du kWh | Intérêt principal | Point de vigilance |
|---|---|---|---|
| Prix fixe | Fixé sur une durée prévue au contrat | Visibilité sur la part fourniture | Taxes et acheminement peuvent évoluer |
| Indexée sur un tarif de référence | Suit une règle d’indexation annoncée | Remise lisible si la formule est claire | La baisse ou la hausse est répercutée |
| Indexée sur le marché ou un indice | Varie selon l’indice contractuel | Peut être compétitive ponctuellement | Lire l’indice, la fréquence et le plafond éventuel |
| Prix dynamique | Suit le marché à des périodes courtes | Utile si vous pilotez vos usages | Risque de fortes variations ; peu adapté sans suivi |
Toutes les formules ne sont pas proposées pour chaque énergie. Demandez toujours le coût TTC estimé sur douze mois avec votre consommation et votre puissance de compteur.
Pourquoi les appels commerciaux privilégient les remises et les offres « vertes »
Le démarchage cherche un déclencheur simple : une remise sur le kWh pendant quelques mois, un prix annoncé comme bloqué, une facture regroupée ou une promesse d’électricité verte. Ces arguments peuvent correspondre à un besoin réel. Ils deviennent trompeurs s’ils effacent la durée de l’avantage, le montant de l’abonnement, la formule de révision du prix ou la différence entre une garantie d’origine et une production locale. Le principe de l’électricité verte mérite d’être compris avant de payer un éventuel surcoût.
Souscription pendant l’appel
- Décision fondée sur un discours commercial et une urgence affichée
- Comparaison souvent limitée au prix du kWh ou à une remise
- Risque d’ignorer la puissance, l’abonnement et la durée de l’offre
- Contrat à relire après coup, lorsque le changement est déjà lancé
Décision après comparaison
- Consommation annuelle et option tarifaire vérifiées sur une facture
- Coût TTC annuel calculé avec abonnement et taxes
- Conditions de révision, durée et service client lus avant signature
- Souscription choisie, avec conservation des documents
Le verdict Une offre issue d’un démarchage peut être retenue, mais seulement après avoir obtenu ses conditions écrites et l’avoir comparée à votre contrat actuel. Rappelez vous-même le fournisseur, via le numéro figurant sur ses supports officiels, plutôt que de finaliser avec l’appelant.
Ne confondez pas un fournisseur moins cher avec un fournisseur durablement moins cher. Une promotion de quelques mois peut être absorbée par un abonnement plus élevé ou par une hausse contractuelle ultérieure. Les mécanismes qui permettent à certains acteurs de réduire leurs prix sont détaillés dans pourquoi certains fournisseurs sont moins chers. La bonne question est : « combien paierai-je sur les douze prochains mois, toutes taxes comprises ? »
Vos droits après un appel, un SMS ou un porte-à-porte
Un démarcheur doit vous indiquer d’emblée le caractère commercial de l’échange, son identité, celle du fournisseur pour lequel il agit et l’objet de son appel. Il doit aussi vous communiquer les éléments du contrat : prix, abonnement, durée, évolution des tarifs, modalités de paiement, rétractation et coordonnées du service client. Une formule du type « votre contrat doit être mis à jour » n’est pas une justification suffisante pour recueillir vos données.
Au téléphone, l’acceptation doit être confirmée sur un support durable
Pour un contrat conclu à la suite d’un démarchage téléphonique, le consommateur n’est engagé qu’après avoir reçu l’offre sur un support durable puis l’avoir signée ou acceptée par écrit, y compris par voie électronique. Un simple « oui » enregistré à l’oral ne devrait donc pas suffire. Conservez le courriel, le récapitulatif contractuel, les conditions générales et la preuve de votre éventuelle acceptation. Un SMS avec un lien ne remplace pas la lecture attentive des documents.
Après une vente à distance ou hors établissement, vous disposez en principe de 14 jours pour vous rétracter, à compter de la conclusion du contrat. Si vous demandez expressément que la fourniture commence pendant ce délai, vous pouvez devoir payer les consommations déjà livrées, mais cela ne supprime pas automatiquement votre droit de rétractation. Adressez votre demande par écrit au fournisseur et gardez une preuve d’envoi.
La méthode en cinq gestes pour traiter une sollicitation sans subir de bascule
Ne cherchez pas à décider pendant l’appel. La personne qui vous contacte ne peut pas vous priver d’une offre parce que vous demandez un délai. Si la remise disparaît en vingt-quatre heures, considérez cette urgence comme un motif supplémentaire de prudence. Une comparaison fiable se fait avec votre dernière facture, pas avec une estimation improvisée au téléphone.
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1. Demandez l’identité exacte
Notez le nom du fournisseur, celui de la société qui démarche, le numéro rappelé et l’offre citée. Un agent Enedis ou GRDF ne vend pas de contrat d’énergie.
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2. Refusez de transmettre vos identifiants
Ne donnez ni votre PRM électrique, anciennement PDL, ni votre PCE gaz, ni votre RIB, ni un code de validation reçu par SMS lors d’un contact non sollicité.
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3. Exigez l’offre écrite
Demandez le prix du kWh TTC, l’abonnement TTC, la durée de la remise, la règle d’évolution et l’estimation annuelle pour votre profil de consommation.
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4. Comparez avec votre facture
Relevez votre consommation annuelle, votre puissance en kVA, votre option Base ou heures creuses, et votre coût annuel total. Consultez ensuite les conditions de plusieurs offres.
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5. Souscrivez seulement par un canal choisi
Si l’offre reste pertinente, recontactez vous-même le fournisseur. Pour l’électricité, la procédure pratique est expliquée dans comment changer de fournisseur d’électricité.
Que faire si un contrat a été ouvert sans votre accord clair ?
Agissez dès la réception d’un courriel de bienvenue, d’un échéancier ou d’une facture inattendue. Contactez d’abord le nouveau fournisseur par écrit : indiquez que vous contestez le consentement ou que vous exercez votre rétractation, demandez l’annulation et conservez toutes les preuves. Vérifiez ensuite auprès de votre ancien fournisseur la situation de votre contrat. N’attendez pas la prochaine facture : plus la demande est précoce, plus la correction administrative est simple.
Réclamation écrite, médiation, puis protection de vos paiements
Si le fournisseur ne répond pas ou refuse une solution satisfaisante, formulez une réclamation écrite et datée. Après un délai de deux mois sans règlement satisfaisant, un particulier peut saisir le Médiateur national de l’énergie, sous réserve des conditions de recevabilité de son dossier. Joignez contrat, courriels, relevés d’appel et copie de vos demandes. Si un prélèvement vous semble frauduleux, contactez aussi votre banque ; ne cessez pas indistinctement de régler des factures légitimes, au risque de créer un impayé.
Quand changer de fournisseur vaut réellement le coup
Le changement est pertinent si le coût annuel TTC baisse réellement, si la formule de prix correspond à votre tolérance au risque et si le service client répond à vos besoins. Il peut aussi répondre à un choix environnemental précis. À l’inverse, n’y allez pas pour une économie théorique de 10 € par an assortie de conditions obscures, ou pour une offre dynamique si vous ne pouvez pas déplacer vos usages et suivre les prix.
Pour un logement chauffé à l’électricité, une consommation de 8 000 kWh par an amplifie l’effet d’un écart de prix : 0,02 €/kWh représente environ 160 € par an avant prise en compte de l’abonnement. Dans un petit appartement consommant 2 000 kWh, le même écart ne vaut qu’environ 40 €. Les heures creuses ne sont intéressantes que si vous déplacez une part suffisante de vos usages. Un guide pour choisir son fournisseur d’énergie permet de structurer cette vérification.
Ne regardez pas seulement le prix du kWh affiché
Sur votre facture, contrôlez la puissance souscrite, exprimée en kVA, l’option tarifaire, l’abonnement annuel, la consommation en kWh et le prix TTC. Vérifiez aussi les conditions applicables après une promotion. Le prix du gaz et son mode de révision méritent une lecture séparée : le prix du kWh chez Engie illustre pourquoi il faut distinguer prix affiché, consommation et coût complet plutôt que comparer un seul chiffre.
Ce qu’il faut retenir pour décider
Le démarchage en énergie est une technique commerciale ancienne, dont la forte présence était déjà documentée en 2015. Votre protection ne consiste pas à refuser toute concurrence : elle consiste à reprendre la main sur le moment et les critères de la décision. Une souscription choisie peut être utile ; une souscription précipitée fait surtout gagner du temps au vendeur.
- Ne donnez aucune donnée contractuelle ou bancaire lors d’un appel non sollicité.
- Exigez une offre écrite précisant prix TTC du kWh, abonnement, durée et règle de révision.
- Calculez le coût annuel avec votre consommation réelle, pas avec une promesse de remise isolée.
- Retenez que le changement est gratuit et sans coupure, mais qu’un contrat contesté doit être signalé immédiatement par écrit.
- Utilisez les 14 jours de rétractation si vous avez souscrit à distance ou à domicile et que l’offre ne vous convient pas.
Questions fréquentes Ce que les lecteurs demandent le plus
Est-ce qu’un changement de fournisseur d’électricité peut couper le courant ?
Non. Changer de fournisseur ne modifie pas le gestionnaire de réseau ni votre installation électrique. Dans la plupart des communes, Enedis continue d’acheminer l’électricité et d’intervenir en cas de panne. Votre compteur n’est pas remplacé pour cette seule raison et il n’y a pas de coupure programmée liée au changement. Une coupure peut en revanche survenir pour une panne réseau, un impayé encadré par une procédure spécifique ou des travaux, indépendamment du fournisseur choisi.
Est-ce qu’un accord oral au téléphone suffit pour changer de fournisseur d’énergie ?
Après un démarchage téléphonique, l’accord oral ne doit pas, à lui seul, vous engager. Le fournisseur doit vous transmettre l’offre sur un support durable, puis vous devez l’accepter ou la signer par écrit, y compris par voie électronique. Ne cliquez pas machinalement sur un lien reçu par SMS ou courriel : lisez le récapitulatif, le prix TTC, l’abonnement, les conditions de révision et la durée de l’éventuelle promotion avant toute validation.
Combien de temps ai-je pour annuler un contrat signé après un démarchage ?
Vous bénéficiez en principe d’un délai de rétractation de 14 jours pour un contrat conclu à distance ou lors d’un démarchage à domicile. Envoyez une demande écrite au fournisseur, idéalement avec une preuve d’envoi, et conservez-en une copie. Si vous avez demandé le démarrage de la fourniture avant la fin du délai, le fournisseur peut facturer l’énergie effectivement consommée, mais vous pouvez toujours demander l’arrêt du nouveau contrat selon les règles applicables.
Faut-il donner son numéro PRM ou PCE à un démarcheur ?
Non, pas lors d’un contact non sollicité. Le PRM, pour l’électricité, et le PCE, pour le gaz, identifient votre point de livraison ou de comptage. Ces références sont utiles pour préparer un contrat, au même titre que votre adresse et vos données de consommation. Gardez-les pour une souscription que vous avez décidée, après comparaison. Si l’offre vous intéresse, raccrochez et contactez vous-même le fournisseur par un canal officiel.
Un prix fixe protège-t-il contre toutes les hausses de facture ?
Pas nécessairement. Une offre à prix fixe verrouille généralement tout ou partie du prix de fourniture du kWh pour une période indiquée. L’acheminement, les taxes et contributions peuvent évoluer et être répercutés selon le contrat. Le prix fixe ne garantit pas non plus que l’offre restera moins chère que les alternatives. Vérifiez ce qui est effectivement fixe, la durée de l’engagement tarifaire et le prix applicable à son expiration.
Est-ce qu’une offre démarchée peut vraiment être moins chère que le tarif réglementé ?
Oui, cela peut arriver, en particulier grâce à une remise sur le kWh, à une structure de coûts différente ou à une promotion limitée. Cela ne suffit pas à conclure qu’elle est plus avantageuse pour votre logement. Comparez le coût annuel TTC avec votre consommation réelle, l’abonnement, la puissance en kVA et les modalités d’évolution du prix. Une offre moins chère sur le kWh peut devenir moins intéressante si son abonnement est plus élevé ou si la remise expire rapidement.
Que faire si un fournisseur me dit qu’il appelle de la part d’Enedis ou de GRDF ?
Enedis et GRDF sont des gestionnaires de réseau ; ils ne vendent pas d’offres d’électricité ou de gaz. Un prestataire peut intervenir techniquement pour un compteur ou un raccordement, mais il n’a pas à vous faire signer un contrat de fourniture. Ne communiquez aucune donnée et ne laissez pas entrer un interlocuteur pour une prétendue bascule urgente. Recherchez le numéro de votre gestionnaire de réseau sur une facture ou un support officiel et rappelez-le vous-même si un doute subsiste.
Comment cet article a été écrit
Ce guide a été rédigé par la rédaction d'Énergie Locale, relu pour sa cohérence technique et structuré pour répondre à une intention précise : Comprendre la hausse historique du démarchage des fournisseurs d’énergie, connaître ses droits face aux sollicitations et comparer une offre sans risque de souscription non souhaitée.
Les montants d'aides, tarifs et barèmes cités sont des ordres de grandeur donnés à titre indicatif : ils évoluent régulièrement. Pour un projet engageant, faites établir plusieurs devis et vérifiez les conditions en vigueur auprès d'un professionnel qualifié ou d'un conseiller France Rénov'. Notre méthode éditoriale.


